Le point sur la recherche
On en parle depuis vingt ans. Voici ce que les études montrent vraiment, ce qui existe déjà à l’étranger et ce qu’il est raisonnable d’attendre.
Si vous n’avez que deux minutes, voici l’essentiel.
Le mot est mal choisi. Personne ne cherche à copier un individu : l’idée est de prélever quelques cellules qui commandent la pousse du cheveu, de les multiplier en laboratoire, puis de les réimplanter là où les cheveux manquent.
Si le sujet passionne autant, c’est qu’il touche à la principale limite de la greffe. Une greffe déplace des cheveux de l’arrière du crâne vers l’avant, elle n’en fabrique pas. Une fois la réserve épuisée, on ne peut plus rien prélever. Le clonage promet, en théorie, une réserve sans fin.

Derrière le même mot, les équipes suivent en réalité trois pistes, à des stades très différents.
La plus avancée consiste à multiplier des cellules du follicule, celles de la papille dermique ou de la gaine qui l’entoure, puis à les injecter dans le cuir chevelu. Elle cherche à redonner de la vigueur à des cheveux qui s’affinent. C’est la seule qui ait été testée chez des patients.
La deuxième, plus ambitieuse, vise à reconstruire en laboratoire de véritables petits follicules, prêts à être implantés. C’est ce qui correspond le mieux à l’idée de clonage, mais elle n’a pas dépassé le stade de l’animal.
La troisième part de cellules souches reprogrammées, dites iPSC, capables en principe de produire tous les éléments du follicule. La piste est séduisante, mais il faudra des années de recul pour s’assurer qu’aucune cellule ne se développe de façon anormale.

Un follicule n’est pas une simple cellule. C’est un petit organe qui réunit une vingtaine de types cellulaires et qui doit fonctionner pendant des décennies, en alternant pousse, repos et chute.
La première difficulté est connue depuis longtemps : cultivées en laboratoire, les cellules de la papille dermique perdent peu à peu leur capacité à faire pousser un cheveu. Il faut ensuite obtenir un vrai cheveu, épais, pigmenté et bien orienté, et pas un simple duvet. Enfin, ces cellules sont considérées comme des médicaments de thérapie innovante. Leur fabrication obéit à des règles très strictes et coûte cher.
Une demi-douzaine de programmes ont été testés sur des patients depuis le début des années 2000. Tous reposent sur le même principe : un petit prélèvement, quelques semaines de culture, puis des injections.

| Programme | Cellules | Essai | Résultat |
|---|---|---|---|
| Intercytex Royaume-Uni | Papille dermique | Phase I sur 7 patients, puis phase IIa sans groupe témoin, terminée en 2009 | Davantage de cheveux chez 5 patients sur 7 en phase I. En phase II, 11 sur 14 d’après l’entreprise, qui n’a rien publié. Programme abandonné. |
| Aderans Japon, États-Unis | Cellules dermiques et épidermiques | Phase II, sept protocoles | Pousse nette chez plus de la moitié des patients à un an. Les follicules existants étaient revitalisés, pas multipliés. Financement arrêté en 2013. |
| RepliCel Canada | Gaine dermique | Phase I/IIa sur 19 patients | Densité en hausse de 11,8 % en moyenne à six mois chez 10 des 16 patients évalués. Tolérance suivie jusqu’à cinq ans, sur un petit groupe. Retrait de la Bourse en 2024. |
| Shiseido, 2020 Japon | Gaine dermique | Essai contre placebo, en double aveugle, sur 65 patients | Densité et diamètre améliorés à 6 et 9 mois, avec la dose la plus faible seulement. L’effet avait disparu à un an. |
| Shiseido, 2023 Japon | Gaine dermique | 36 patients, sans groupe témoin | Amélioration sur photos chez 30 % des patients. Diamètre moyen des cheveux en hausse de 2,2 %. Pas d’effet indésirable grave. |
| Epibiotech Corée du Sud | Papille dermique | Premier essai, autorisé fin 2023 | En cours, aucun résultat publié. |
| HairClone Royaume-Uni | Papille dermique | Tests lancés en mars 2026, au Guatemala | Premiers volontaires traités, d’après l’entreprise. Aucune donnée publiée. |
Comment lire ces chiffres. Ils ne se comparent pas d’une étude à l’autre : les mesures diffèrent, les groupes sont petits et le suivi dépasse rarement un an. Méfiez-vous aussi des raccourcis. Quand 30 % des patients sont améliorés, cela ne veut pas dire qu’ils ont 30 % de cheveux en plus. Seule l’étude de 2020 compare le traitement à un placebo.
Aucune de ces études n’a montré la formation de nouveaux follicules. D’après les chercheurs japonais, les cheveux gagnés viennent de follicules au repos qui se sont remis à pousser.
Depuis juillet 2024, Shiseido propose au Japon une injection de cellules prélevées sur le patient lui-même puis cultivées, sous le nom de S-DSC. Le pays dispose d’un cadre accéléré pour la médecine régénérative, qui n’a pas d’équivalent en Europe.
Le parcours prend environ deux mois. On prélève un fragment de 5 mm à l’arrière du crâne, les cellules sont cultivées et contrôlées pendant six semaines, puis injectées. Un centre universitaire de Tokyo l’affiche entre 2,3 et 3,5 millions de yens hors taxes, soit 13 000 à 21 000 € environ, et plusieurs séances seront sans doute nécessaires. Les patients étrangers doivent passer par une agence.
En laboratoire, l’histoire a commencé bien avant les premiers essais. Quelques dates donnent la mesure du chemin parcouru, et de celui qui reste.
Reconstruire un follicule est donc possible sur le plan biologique. Il manque la démonstration chez l’homme : des follicules neufs, en nombre suffisant, qui donnent des cheveux d’adulte et qui durent.
C’est l’avancée qui a le plus fait parler cette année. L’équipe du Pr Takashi Tsuji (RIKEN et OrganTech), qui travaille depuis vingt ans sur la régénération des organes, a mis au jour un type de cellule dont on ignorait le rôle.
On pensait que deux populations suffisaient pour reconstruire un follicule : les cellules souches de la peau et celles de la papille dermique. Il en faut une troisième. Sans elle, le follicule reconstitué s’arrête en chemin ; avec elle, il produit un vrai poil. Les résultats, obtenus à partir de cellules de souris adultes, ont été publiés en 2026 dans Biochemical and Biophysical Research Communications.
L’entreprise annonce des injections chez l’homme en 2027, puis des greffes de follicules reconstitués en 2028. Ce calendrier a déjà glissé plusieurs fois depuis 2020 : mieux vaut le lire comme un objectif.

Le parcours est semé d’échecs. Intercytex a arrêté en 2008, Aderans en 2013, et RepliCel s’est retirée de la Bourse en 2024. Stemson Therapeutics, l’entreprise américaine la plus avancée sur les cellules souches reprogrammées, a fermé en décembre 2024 faute d’argent, avant même son premier essai chez l’homme. Fabriquer des cellules vivantes coûte cher, et les investisseurs se lassent vite.
Au Royaume-Uni, HairClone propose depuis 2019 de conserver des follicules dans l’azote liquide, en attendant un traitement. Son dirigeant le reconnaît lui-même : pouvoir les stocker ne veut pas dire pouvoir les utiliser.
En mars 2026, l’entreprise a lancé ses premiers tests au Guatemala, où les thérapies utilisant les propres cellules du patient sont encadrées comme des greffes. Des volontaires y reçoivent des injections de cellules cultivées. Aucun résultat n’a encore été publié.
Pour notre part, nous ne le conseillons pas. La congélation n’aura d’intérêt que si un traitement fait ses preuves et peut utiliser ces cellules, ce que personne ne peut garantir aujourd’hui.
Aucun traitement de ce type n’est autorisé, ni en France ni ailleurs en Europe. Des cellules cultivées puis réinjectées sont considérées comme des médicaments : elles doivent être évaluées par l’Agence européenne du médicament avant d’être proposées aux patients.
Si l’on vous propose un « clonage », une « multiplication capillaire » ou une « greffe de cellules souches », il s’agit presque toujours d’injections de PRP, d’exosomes ou de facteurs de croissance. Ces traitements stimulent le cuir chevelu, ils ne fabriquent pas de cheveux.
Le 23 septembre 2026, OrganTech a signé avec la société suisse Swiss Bioscience un protocole d’accord, sans engagement ferme, pour préparer l’arrivée de ses technologies en Europe. Le premier projet porte sur un milieu conditionné, un produit qui contient les substances sécrétées par des cellules de follicules de donneurs. Il s’agit d’une étape industrielle et réglementaire, pas d’un traitement par clonage.
Nous préférons ne pas en donner. Les entreprises annoncent des étapes, mais aucun résultat publié chez l’homme ne permet aujourd’hui de prévoir quand un traitement pourrait arriver en France.
Plutôt que les annonces, regardez les publications : combien de patients ont été traités, comparés à quel groupe, et suivis pendant combien de temps.
Quelques questions simples permettent de faire le tri.
C’est sans doute la question qu’on nous pose le plus souvent en consultation, et celle qui revient sans cesse sur les forums.
Un follicule disparu ne se clone pas.
Les thérapies cellulaires testées agissent sur des follicules encore présents, même très affinés. Les chercheurs visent d’ailleurs les chutes débutantes ou modérées, du stade 2 au stade 4 de l’échelle de Norwood. Passé un certain point, le follicule ne peut plus être reconstruit.

En consultation, nous examinons votre cuir chevelu et votre zone donneuse, puis nous vous disons ce qui est possible aujourd’hui et ce qui peut attendre.
Consultation pré-greffe : 50 € TTC, déduits si une greffe est réalisée.
Pas encore, au sens où on l’entend. On sait reconstruire des follicules chez l’animal, pas chez l’homme. Le seul traitement proposé, au Japon, réinjecte des cellules cultivées du patient : il améliore des cheveux clairsemés, sans en créer de nouveaux.
Non. Aucun traitement de ce type n’est autorisé en France ni dans le reste de l’Union européenne.
Personne ne peut le dire sérieusement. Des entreprises japonaises annoncent des essais en 2027 et 2028, mais aucun résultat publié chez l’homme ne permet de prévoir une arrivée en France.
Au Japon, le seul traitement disponible coûte entre 2,3 et 3,5 millions de yens hors taxes, soit 13 000 à 21 000 € environ, et il faudra probablement le renouveler. Il n’existe pas de prix en Europe.
Dans l’étude la plus récente, menée sur 36 patients, environ un sur trois était amélioré sur photos au bout d’un an, avec des cheveux un peu plus épais. Aucune étude ne montre de repousse sur une zone totalement dégarnie.
Les essais portent sur des chutes débutantes ou modérées. Un follicule qui a disparu ne peut pas être réactivé par les techniques actuelles.
Le service existe au Royaume-Uni, pas en France. Rien ne garantit qu’un futur traitement pourra utiliser ces cellules, et nous ne le conseillons pas.
Non. Ces traitements stimulent le cuir chevelu, ils ne fabriquent pas de follicules, même quand on parle de « régénération ».
Attendre sans rien faire laisse la chute progresser. Une greffe réalisée aujourd’hui ne ferme aucune porte pour l’avenir. La décision se prend en consultation, après examen de la zone donneuse.
Oui. Les essais japonais ont inclus des femmes, et elles ont répondu au moins aussi bien que les hommes.
Les informations de cette page s’appuient sur les publications suivantes. Elles ne remplacent pas un examen médical.
Rédigé et relu par


NY Center, 6 place de la République, 76000 Rouen. Mise à jour le 24 septembre 2026.
Cette page informe, elle ne remplace pas une consultation. Le NY Center ne propose pas de clonage capillaire, aucune technique de ce type n’étant autorisée en France.